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 L'éveil de l'Ermite - Un an plus tôt [Solo]

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Kaito Inugami
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MessageSujet: L'éveil de l'Ermite - Un an plus tôt [Solo]   Sam 4 Juin - 1:35


L'éveil de l'Ermite


RP Solo
Flashback : One Year Ago



Un froid glacial, que dire de plus à propos de cette région du monde ? North Blue, une mer connue pour son climat assez froid. Mais, le Royaume de Yuki devait bien représenter le point le plus froid de cette mer du Nord. Cette île n'était plus que l'ombre de ce qu'elle avait été autrefois, un ancien Royaume prospère qui, aujourd'hui n'était plus que neige et ruines. Un voile blanc recouvrait perpétuellement chaque surface du pays, même les animaux étaient pour la majorité recouverts d'un épais pelage blanc. Ces derniers représentaient aujourd'hui la grande majorité des êtres vivants de l'île.

Lorsque les rayons du soleil se décidaient à éclairer cette île, les reflets sur ce blanc pur et sur la glace devenaient aveuglants. Mais, ceux-ci se faisaient rares, souvent attenués par la brume. La population qui avait autrefois peuplée ces terres, étaient à présent regroupés en petits villages qui désormais ressemblaient plus à des tribus. Et un silence, à l'image du climat, régnait en maître. Glacial et pesant, il m'avait tenu compagnie pendant ces vingt longues années que j'avais passé ici. Dépourvu des besoins naturels tels que boire, respirer ou manger. Ma nature me permettait de survivre aisément en ces lieux, bien que je me retrouvais souvent coincé par la neige ou le gel.

C'est d'ailleurs ce qui était arrivé, retrouvé enfermé dans un bloc de glace, après une longue méditation. Un certain Goki, âgé de près de quatre-vingt dix ans, et pourtant étrangemment bien conservé. Vraiment étrangemment, en maniant son sabre avec une dextérité admirable, il avait alors tranché la glace sans aucun effort. Mes paupières purent se défaire du gel qui les encombraient, et ce afin de tomber nez à nez avec l'homme qui m'avait sauvé.


Et, c'est ainsi que je le rencontra, l'homme qui deviendrait un ami ainsi qu'un maître. Suite à une longue conversation, je ne pus m'empêcher de lui faire confiance.


Le premier Jour



Nous nous trouvions en haut d'un des plus grands sommets de l'île, frôlants les nuages. Goki, lui, était un humain normal et son âge avancé l'empêchait de dormir comme je le faisais, à l'extérieur dans le froid glacial. Ainsi, nous avions trouvés une grotte dans laquelle nous nous étions installés. Le vieil homme, tel un expert s'occupa d'allumer un feu pour réchauffer l'atmosphère et y mit à cuire quelques écureuils. En effet, nous avions certes eus une longue conversation et, même si je lui avais avoué mon âge, je ne lui en avais pas expliqué les raisons.

- T'embêtes pas pour moi, Goki. commençais-je, réfléchissant à la façon de détourner le sujet. Je n'ai pas vraiment faim, j'irai chasser plus tard. D'ailleurs, quel genre de bêtes vivent dans le coin ? lui demandais-je, finalement.

- Hum...tant pis pour toi, ces écureuils sont succulents. me répondit-il, passif, sans chercher à connaître mes raisons. Y a de quoi faire, de l'ours polaire au lapin des neiges. Des animaux dans le genre, rien de bien fou.

Le silence retomba, seulement interrompu par le crépitement des braises. Je n'osais même pas croiser le regard de cet homme, je sentais déjà qu'il était posé sur moi à m'observer. Je ne savais pas grand chose de lui, excepté sa puissance écrasante dont j'avais été témoin la veille. Si je n'en avais pas déjà été témoin, je ne l'aurais pas cru. Un petit vieux pareil, capable de dégager une telle force, c'était inconcevable. Même s'il avait autrefois été un grand guerrier, aujourd'hui il n'était rien de plus qu'un petit vieillard bedonnant. Il fallait absolument que je rompes ce silence, cela commençait à devenir embarassant.


- Dis-moi, Goki-sama. commençais-je, hésitant, marquant une légère pause. Même si je n'ai pas pu en être témoin à cause de mes yeux clos à ce moment-là, je l'ai ressentis. Cette puissance, cette force que tu as dégagé hier pour briser la glace, comment as-tu fais ?

- Es-tu bien sûr de poser la bonne question, Kaito ? me répondit-il directement, comme s'il avait déjà préparé sa réponse à l'avance. Veux-tu savoir d'où me vient cette force ou bien comment je peux m'en servir malgré mon âge avancé ?

Je commençais à mieux le cerner, le vieux, lui et ses énigmes à chaque phrase qu'il prononçait. Et, il faut dire que ça lui allait bien, sa façon de parler collait parfaitement avec ce mystère qui l'entourait. Plongeant mon regard dans le sien, je tentais de comprendre cet homme comme je le pouvais. Moi aussi, je pouvais être considéré comme une personne âgée, si j'avais travaillé j'aurais peut-être même eus le droit à une retraite. Je paraissais certes sous les traits d'un homme de vingt-cinq ans, mais j'avais atteins les six décennies depuis peu, ou bien depuis longtemps ? Ma notion du temps était un peu en vrac depuis ma sortie d'hybernation.

- T'es bizarre, vieux. finis-je par lâcher, ne sachant pas exactement quelle question il souhaitait entendre.

- Hum...et c'est le type qui fait pas son âge qui me dit ça. dit-il, pouffant légèrement, son rire se transformant en toux. Allez...keurf keurf.... va chasser mon garçon et ramènes-nous de la bonne viande.

- Hum....ouais, j'y vais. fis-je finalement en me relevant dans notre caverne improvisée.

J'avançais en fléchissant les genoux, la caverne n'étant pas assez grande pour accueillir ma taille imposante. Je ressortais alors dans une froide matinée, une tempête plutôt calme pour une fois tournoyait autour du pic montagneux. Malgré ma taille avoisinant les deux mètres et demi, l'absence de nombreux organes, de fluides ou de nourriture m'allégeait grandement. Certes, cela m'octroyait une vitesse et une agilité considérable, mais face à des vents puissants je me retrouvais parfois à flotter comme un cerf-volant.

En ce jour, le moindre saut m'enverrait valser dans les cieux, destiné à retomber lorsque la tempête se calmerait. Heureusement, j'avais pris avec moi mon sugesaga, ce grand chapeau à bords ronds posé sur ma tête. Orientant ainsi mon sugesaga face au vent, la résistance me permettait de me maintenir plus facilement au sol, mais en contrepartie cela me ralentissait grandement. Et, c'est ainsi que je me mis à escalader à l'envers ce pic afin de rejoindre une plaine enneigée que m'avait indiqué le vieux Goki. Décidémment, je ne savais toujours pas quoi penser de cet homme, j'avais beau y réfléchir encore et encore il n'y avait rien à faire.

A mesure que je descendais, le froid se faisait moins cinglant, les créatures par ici devaient être plus nombreuses. Je laissais tomber mon corps jusqu'au bord d'une falaise. Penchant ma tête au-dessus du précipice, la chute serait brutale et, même pour un type qui ne se raccrochait plus trop à la vie, j'avais peur de me retrouver bloqué une fois en bas. De plus, je voulais rejoindre le vieux pour en apprendre un peu plus sur lui et qu'il m'apprene son secret à propos de sa force. Mourir ici ne serait pas très bien calculé.


Balançant mes jambes dans le vide, je m'accrochais aux prises qui passaient à portée pour ne pas m'écraser plusieurs dizaines de mètres plus bas. Sous mes pieds s'étendait une grande forêt où le gibier devait être abondant, j'espérais trouver une bête assez imposante pour impressionner le vieux, ainsi peut-être accepterait-il de m'entraîner. Mes pieds rencontrèrent enfin le sol, après m'être lâché de cinq bons mètres, attérissant en fléchissant les genoux. Face à moi s'étendait à présent une forêt, sous les rayons timides d'un soleil matinal, où les animaux nocturnes se couchaient pour laisser place à la faune du jour. Ma présence avait d'ailleurs déjà été détectée par les oiseaux du coin, ces derniers quittant les branches des arbres en s'envolant vers le lointain.

Emmitouflé dans mon grand manteau intégral, j'avançais d'un pas lent et silencieux dans cette forêt hivernale. Des hullulements et d'autres grognements animaux apparaissaient à mesure que je m'enfonçais sous la frondaison blanchâtre. De par le couvert des arbres, la quantité de neige au sol était moins élevée que dans les montagnes, permettant de se déplacer plus aisément et rapidement. J'avais dis que je partais chasser et, pourtant je n'avais pas d'arme. J'avais appris à me servir de mon propre corps comme une arme, écrasant avec mes poings et mes jambes. Mes longues années m'avaient permis d'étudier plusieurs arts-martiaux et d'affronter plusieurs de leurs représentants. Certes, je n'étais pas un maître dans le domaine mais, je me débrouillais plutôt bien et j'arrivais toujours à m'en sortir.

Alors que j'avançais dans ces bois, je perçus du coin de l'oeil un mouvement sur ma gauche. Deux grandes oreilles blanches venaient de passer dans mon champ de vision. C'était assurément un lièvre, et assez grand au vu de ses oreilles. Un sourire au visage, je m'élançais dans sa direction, bondissant en rasant les buissons avec une souplesse digne d'un chat. J'attérissais accroupis, voyant ma proie bondir en s'éloignant. Je pris une légère impulsion sur mes genoux et m'élançais à sa poursuite, gagnant peu à peu du terrain. Il semblait se diriger vers une plaine que le soleil éclairait derrière la lisière des arbres, quelques mètres devant moi. Je bondissais une nouvelle fois pour éviter un buisson et j'attéris au beau milieu du grand terrain, plat et seulement dérangé de quelques rochers se dressants ici et là. Je restais concentré sur le lièvre, me distançant au milieu du terrain dégagé en zigzaguant. Mais, soudainement une ombre passa devant mon champ de vision, écrasant l'endroit où s'était trouvé le petit animal. Par réflexe, je bondis en arrière, m'enfuyant également par réflexe jusque derrière un rocher.

C'était quoi ce truc à l'instant ? Je restais discrètement derrière mon rocher, me relevant lentement. J'entendais dans la clairière les grognements que faisait cette créature, un lèchement de babine très important pour faire un tel bruit et envoyer voler de la salive jusqu'à moi. Une grosse goutte collante s'écrasait alors sur ma tête, éclatant en coulant sur tout mon corps. J'avais beau n'avoir moi-même aucun respect pour mon corps, je n'aimais pas qu'autrui y porte atteinte. Me relevant, je pris mon courage à deux mains en sortant de derrière le rocher, à la fois curieux et légèrement effrayé.


- Waaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !!! criais-je en tombant nez à nez, ou plutôt nez à genoux, avec un genre de lapin carnivore géant. C'est quoi ce truc gigantesque ? Il fait au moins sept mètres, c'est vraiment un lapin ? Après tout, je me suis absenté qu'une vingtaine d'années tout au plus, mais la faune n'a pas pu autant évoluer ! Bon, j'fais quoi maintenant ? finis-je par dire, ma voix devenant de plus en plus faible alors que je remarquais le regard du monstre.

Il avait beau être gigantesque, il avait de tout petits yeux. Rouges sang et, pointés dans une direction bien précise, sur une proie bien précise et cette proie, comme vous l'aurez sûrement deviné, c'était moi. Bien, il n'y avait pas d'échappatoire, même si j'étais habituellement rapide, mon soudain réveil en tant que reine des neiges devait avoir également gelé mes articulations. C'est la conclusion à laquelle j'étais arrivé en descendant la montagne, ressentant quelques "bugs" dans les mécanismes de mon corps. Mais, cette grosse bête ferait un parfait entraînem...

Sans me laisser réfléchir plus longtemps, une patte gigantesque vint racler le sol juste devant moi pour venir me percuter. Face à un humain, un tel coup ressemblerait à un fauchage, mais face à ce monstre poilu, c'était un mur duveteux que je me prenais en pleine face avec la puissance d'un roc. Soulevé de terre, je fus projeté en arrière avec une violence surprenante, emporté si loin que je quitta la plaine pour me fracasser contre les arbres de la forêt. Quelle puissance, je ne m'étais pas attendus à un truc pareil, ce lapin n'était décidément pas normal. Enfin, ça se voyait qu'il n'était pas normal, il avait écrasé un de ses cousins éloigné d'un coup de patte avant de le bouffer. Un lapin de sept mètres, c'était vraiment louche, étrange, dérangeant. Les lapins, c'est habituellement si mign...

Une nouvelle fois, je réfléchissais trop et "méga-rabbit" me faucha, m'envoyant plus profondément dans la forêt. Une véritable furie celui-là car, bien que je ne ressentais pas la douleur physique, mon esprit lui devait avoir ses limites et la fatigue psychologique en faisait partie. Et si ce lapin me mangeait, pourrais-je survivre ? Une idée qui me traversait l'esprit alors que mon corps lui, traversait les arbres. Alors que mon bras droit se détachait à chaque choc, je le renforçais en ajoutant quelques points de suture aux endroits où apparaissaient des déchirures. C'était maladroit dans mon état, mais c'était mieux que de perdre un bras. Mon corps retrouva brusquement le sol où il s'écrasa, rebondissant tel un ballon avant de s'arrêter dans un dérapage ridicule, le haut du crâne contre les fesses.

- Waaaaaaaaaaah !! m'écriais-je à nouveau, surpris de la puissance et surtout de la présence d'une telle créature en ces lieux. C'est quoi ce bordel ? Je dois ressembler à un rubikscube à l'heure qu'il est. Faut que je me tire d'ici.

Sans demander mon reste, je me relevais pour m'enfuir. Je dû trouver le bon sens pour me remettre à l'endroit mais, une de mes jambes était déboîtée et me ralentissait alors que mon bras droit, lui, pendait également contre mon corps, à moitié déchiré et ne tenant que grâce aux fils. J'étais en piteux état, c'était impensable qu'une simple créature de cette île puisse me faire de tels dégâts. Il faut dire que, avant de grimper ce pic, je n'étais pas vraiment partie à la découverte de l'île, ni de sa faune, ni de sa flore et encore moins de sa population. Pendant si longtemps, j'avais compté sur l'homme pour mettre fin à mes jours, en étant un moi-même en quelques sortes.

Retrouvant un chemin qui me permettrait de grimper la montagne sans l'escalader, je regardais derrière moi toutes les trente secondes pour m'assurer que le super lapin ne me suivait plus. En effet, depuis mon entrée dans la forêt, celui-ci semblait avoir perdu ma trace. Faut dire que de si petits yeux, y voir quelque chose dans parmis toutes ces feuilles. Il avait sûrement perdu ma piste, mais je me promettais de revenir pour lui mettre sa branlée. Je ne savais pas vraiment si j'étais trop faible ou si, simplement, mon corps subissait encore les effets du gel. Mais, je m'étais connus plus fort que ça, plus réactif au moins. Pour la chasse, je pense que c'était raté.

Avec de grandes difficultés, je réussis à atteindre la grotte où se trouvait Goki, celui-ci se moquant sans vergogne de mon état pitoyable. Il m'avait fallut toute la journée pour rejoindre la grotte et, mon arrivée fut accueillie par un coucher de soleil magnifique. Brillant de son halo orangé, la glace et la neige de l'île reflétait sa teinte, faisant briller tout le Royaume de Yuki l'espace de quelques instants. Réemboité et recousu convenablement par le vieillard, j'avais décidé de lui demander de m'aider à me "dérouiller" pour le lendemain. Je ne croyais pas trop aux histoire de destin mais, l'occasion était rêvée, après un long sommeil, il était temps pour l'ermite de s'éveiller.



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Kaito Inugami
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MessageSujet: Re: L'éveil de l'Ermite - Un an plus tôt [Solo]   Dim 5 Juin - 15:34


Entraînement au Sommet du

Monde


Le Second Jour



Le premier jour avait été assez violent, tant pour mon moral que pour mon corps décharné. Secoué en tout sens par une bête mystérieuse, mon réveil après ma longue méditation s'était soldée par un échec. Mon corps semblait ne pas être encore totalement remis de mon hibernation, certaines articulations encore bloquées par le gel. Suite à mon affrontement contre celui que j'appelerais Rabbit-Boss, j'avais eus beaucoup de mal à rejoindre la grotte dans laquelle se trouvait Goki. Témoin d'un spectacle crépusculaire lors de mon arrivée, je m'étais relâché, laissant mon esprit divaguer vers un sommeil réparateur. Le vieux avait ainsi retrouvé mon corps allongé dans la neige, m'emportant près du feu, celui-ci ne sachant pas que mon corps était déjà décédé. Je ne lui avais pas encore tout avoué à mon propos mais, il m'avait déjà accepté comme "bizarrerie" alors pourquoi n'accepterait-il pas ce côté là de moi ? Eh bien, tout simplement car imaginer un être sans organes, entièrement vide de l'intérieur, est quelque chose de dur à imaginer même pour le plus grand des pacifistes.

Je m'étais donc réveillé le lendemain, ouvrant l'oeil dans cette grotte éclairée par les flammes du feu de camp. Mon corps était recouvert d'une couverture, ma tête posée sur un sac rembourré pour me servir d'oreiller. Ce vieillard avait beau paraître impassible, il semblait être plutôt sympa au final. Et puis, j'allai pas me plaindre d'avoir quelqu'un avec qui faire la conversation pour une fois. Je me relevais comme je pouvais, observant l'intérieur de la grotte en remarquant que le vieux shnock n'était pas là. Où pouvait-il bien se trouver ? Il avait même laissé quelques écureuils sur le feu, ceux-ci dégageants une odeur délicieuse, cependant si je mangeais je ne savais pas trop comment ni quand ça allait ressortir. Mais, pour brouiller les pistes quant à mon corps et pour ne pas gâcher, je me mis à croquer dans la viande. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas mangé, mes papilles gustatives fonctionnaient encore et me permettaient de ressentir le goût. Par contre, après l'avoir avalé je sentais les aliments tomber en chute libre dans mon corps avant de s'écraser au fond sans pouvoir en sortir. La seule solution serait d'aller la chercher par une plaie, ou par un orifice plus naturel. La plaie fera l'affaire.

Ayant put dégeler un sens qui ne me servait pas souvent, je ressortis de la grotte, enroulé dans ma cape mais j'avais laissé mon chapeau à l'intérieur. La tempête s'était encore un peu plus calmé en ce jour, le printemps devait approcher mais, le vent restait tout de même violent. Les flocons virevoltaient autour de moi tandis que je remontais un sentier menant à un grand terrain plat, sûrement l'endroit où se trouvait actuellement Goki. D'ailleurs, je ne l'avais pas remarqué jusqu'ici, mais ce vieillard m'avait recousu comme un chef et m'avait très bien remit la jambe en place. J'avais beau me dire qu'il ne connaissait pas encore mon plus grand secret, j'avais tout de même des doutes, le vieillard était incroyablement doué pour lire dans les autres. De plus, pendant mon sommeil il avait sûrement pu examiner mon corps pour me soigner, celui-ci bardé de cicatrices.

En arrivant sur l'esplanade, je pus voir Goki, en plein centre de la place. Il avait les jambes croisées et semblait méditer, son sabre posé à nu sur ses genoux. Je restais immobile, observant ce supposé "maître", le vent soufflait dans les quelques cheveux qui garnissaient encore son crâne ici et là. Mais, le vieil homme ouvrit soudainement les yeux avant de tourner la tête dans ma direction. Comment ? Mon corps léger me permettait de me déplacer silencieusement et la neige atténuait cet effet. Alors comment m'avait-il repéré ?

- Bien, tu es réveillé Kaito. dit-il calmement, se levant en prenant son sabre de la main droite. J'ai observé ton cours affrontement avec le monstre d'hier. C'était pathétique.


- Je ne sais pas si tu manques d'entraînement ou si tu es simplement mauvais, mais ta performance était minable. continua-t-il, gardant toujours un visage impassible m'empêchant de voir où il voulait en venir. Quand je t'ai rencontré, j'avais décelé quelque chose en toi, mais je me trompais sûrement.

Nous nous faisions à présent face, une certaine tension résidant dans l'air tandis que son regard glacial restait fixé sur moi. Je l'observais calmement, puis passais à son bras qui tenait son sabre, ses doigts serrants fortement l'arme. Que me voulait-il soudainement ? Ses paroles étaient si agressives, avait-il découvert mon secret ? Les indices étaient nombreux après tout, en m'observant ce n'était pas compliqué de le deviner. Il était donc comme toutes ces personnes, qui m'appréciaient jusqu'à connaître ma particularité morbide. J'étais soudainement déçu, si j'avais pus pleuré je l'aurais sûrement fais. J'avais fais confiance en un rien de temps à ce vieillard, sans vraiment le connaître, je m'étais encore fourvoyé, cherchant inconsciemment à retrouver le goût de la vie par un contact social.

- Goki...commençais-je par dire, presque en un murmure. Ainsi, tu es comme tout ces types ignobles. Je ne te voyais pas comme ça mais, j'imagines que chaque être humain est ainsi.

- Pourquoi ne m'avoir rien dit, Kaito ? me coupa-t-il brusquement, son ton semblait particulièrement énervé. Tu pensais vraiment que je ne m'en rendrais pas compte, tu ne respires même pas comment tu pouvais imaginer un truc pareil ? J'te jures, les gamins....

- Tu pensais vraiment que j'allais te sortir ça comme ça ? demandais-je alors, à mon tour le ton montait en intensité, la colère que j'avais tenté de réprimer pendant ces vingt années remontait à la surface. Eh salut, enchanté moi c'est Kaito et je suis un putain de mort-vivant ! Ouais, t'as raison ça aurait sûrement été une bonne introduction ! Vieux con ! finis-je par lâcher, hors de moi.


A nouveau, le silence retombait, pesant et insupportable. Que devais-je faire ? Passer à l'action et le frapper en espérant le prendre par surprise, tout faire pour l'écraser avant que lui-même ne le fasse ou bien tenter le dialogue. Enfin, peut-être que mon rêve pourrait être réalisé par cet homme. Cependant, malgré ses propos, il gardait tout de même un visage impassible, aucune émotion ne transparaissant, à la manière d'une statue indéfectible. De plus, il ne s'était pas placé dans une position offensive, gardant simplement son sabre au bout de son bras sur le côté.

- Et, du coup, c'est quoi ton plan ? demandais-je alors, affichant un visage clairement énervé. Me tuer, tout du moins tenter de m'ôter la vie. C'est vrai que, avec ton talent, tu en serais sûrement capable.

- J'imagines que...commença-t-il, faisant une pause en plongeant son regard dans le mien...c'est le seul moyen pour que tu m'écoutes calmement. Allez, viens gamin.

- Prépares-toi vieillard. soufflais-je, mu de colère et de tristesse. Ne te fies pas à mon âge, j'ai de bons restes.

MIGARU HO !



Pas Leste !

Sans plus de tergiversation, je laissa parler mon corps et mon instinct. Prenant une forte impulsion sur le sol, je me propulsais en un unique bond en direction du vieux Goki, ce saut contrôlé grâce à mon poids plume en restant au ras-du-sol. En un instant, j'avais parcourus le court espace qui nous séparait, mon pied retrouvant le sol à deux mètres de lui. Une distance suffisante pour le frapper de plein fouet, lui avait le désavantage de ressentir la douleur physique. J'arrivais tel un boulet de canon sur lui, armant un coup de poing du gauche, à une telle vitesse, même lui ne pourrait pas s'en sortir indemne. De plus, il n'avait toujours pas esquissé la moindre réaction.

- C'était vraiment rapide ça. souffla-t-il en un murmure, uniquement audible par notre proximité.

Un murmure qui me causa un réel choc car, à la vitesse à laquelle j'étais arrivé, à une distance aussi courte. Comment avait-il fait pour murmurer cette phrase, aussi calmement, sur un si court instant ? Sur l'instant, une idée saugrenue me traversa l'esprit, je ne savais rien de cet homme après tout, mais c'était trop énorme pour que cela soit possible. Goki était certes un maître d'un bon nombre d'arts martiaux, mais il ne pouvait pas contrôler le temps, il devait y avoir une technique derrière tout ça. Je tentais de ne pas me laisser destabiliser, même si ce moment durait une éternité, mon poing s'approchait de lui et il ne pourrait pas éviter.

Cependant, je sous-estimais beaucoup trop l'homme que j'avais en face de moi. En un battement de cil, son image se floutta l'espace d'un instant avant de disparaître, mon poing frappant l'endroit où il s'était trouvé la seconde qui suivit. Et, tel un coup de marteau, quel chose vint percuter ma tempe gauche, m'envoyant valser de côté avec une violence inouïe. Secoué dans tout les sens, mon corps rebondissait sur la neige à plusieurs reprises avant de venir s'écraser sur un rocher. Je n'avais rien compris, rouvrant difficilement les yeux en observant le vieux, ayant gardé sa position dont il s'était servi pour me frapper, comme pour que je l'analyse. Avec une rapidité impressionante, il avait put se déplacer à ma gauche et me frapper grâce au pommeau de son sabre.


Alors que je me relevais en m'appuyant sur le rocher sur lequel j'avais attéris, quelque chose attira mon attention sur ma cape. Au niveau de mon pectoral gauche se trouvait une grosse entaille dans le tissu, gonflant le vêtement à chaque coup de vent. Quand m'avait-il tranché à cet endroit, je n'avais eus le temps de rien voir ? Il n'y avait qu'une seule explication, c'était durant son mouvement d'esquive qu'il m'avait frappé. J'avais tout d'abord pensé à un bond, mais Goki n'avait en réalité fait que se baisser en passant sous mon bras pour arriver au niveau de mon épaule, c'est là qu'il avait sûrement placé sa lame de côté pour me taillader à cet endroit.

Il était réellement impressionant, je pouvais dire juste en l'observant ainsi de loin, qu'il n'y avait aucune ouverture dans sa garde. C'était un véritable maître, affichant une expression de confiance absolue en ses capacités. Mais, de mon côté, j'avais l'avantage du corps, plus grand et pourtant plus léger. J'avais une plus longue allonge et l'avantage de ne pas ressentir la douleur des coups qu'il m'envoyait.

- C'était quoi ça, à l'instant ? dis-je, halluciné par ce mouvement que Goki avait effectué. Cette rapidité d'exécution, impensable venant d'un tel vieux...

- C'est bon mon garçon, tu commences à comprendre ? me demanda-t-il, commençant à se rapprocher en marchant calmement. L'écart de force entre toi et moi est bien trop grand, mon expérience du combat surpasse de loin la tienne. Tu n'as aucune chance de vaincre, gamin.

- Que tu crois ! m'exclamais-je, hors de moi d'être ainsi à nouveau regardé de haut, surtout par un vieillard plus petit que moi. Je vais t'éclater et teinter la neige de ton sang !

Je m'élançais à nouveau sur le vieux maître, utilisant le pas leste une nouvelle fois pour m'élancer, cette fois-ci plus de côté. Je disparaissais avant de réapparaître cinq mètres plus loin, gardant légèrement mes distances avec le vieillard, j'étais réapparus à deux mètres sur sa droite. Je ne m'arrêtais pas là, utilisant encore une fois cette technique de déplacement pour arriver dans le dos du vieux. J'armais à nouveau un coup de poing, l'envoyant de toute ma force en direction de la tête du vieux. Contre toute attente, et sans même se retourner, Goki bascula la tête de côté, laissant mon poing passer dans le vide. Enragé, j'envoyais mon second poing alors que je retirais le premier, le vieux esquivant de la même manière sans même prendre la peine de me faire face. Comment faisait-il ? Il ne pouvait ni me voir, ni savoir par où viendrait mon prochain coup. J'envoyais alors mes coups de poings de plus en plus rapidement, tel une rafale fondant sur ce vieux croulant. Mais, il n'y avait rien à faire, bougeant sa tête de droite à gauche, d'avant en arrière, Goki esquivait chacune de mes attaques sans aucun soucis.

Ce vieux Goki commençait vraiment à me taper sur le système, comment pouvais-je être aussi faible face à un vieillard ? Frappant une nouvelle fois d'un coup de poing, cette fois-ci de haut en bas en visant l'épaule de mon adversaire. Il réussit une nouvelle fois à esquiver, sans surprise, mais je ne m'arrêtais pas là. Je continuais mon mouvement jusqu'à ce que mon poing ait atteint le sol, ouvrant la main une fois que je fus assez proche. Je pris alors appui sur le sol et je lançais un balayage de la jambe, rapide et puissant, créant un mouvement d'air circulaire en même temps que mon coup. Comme si le temps passait au ralentit, je pus voir mon pied arriver si près des jambes du maître que j'étais persuadé d'avoir réussit mon coup. Mais, à nouveau, Goki avait lu dans mon jeu comme un être omniscient, d'un simple et léger bond, ma jambe racla le sol sous lui. Quel enfoiré, il fallait que je continue de l'enchaîner ainsi jusqu'à ce qu'un coup le touche, vu sa faible constitution un seul coup serait sûrement suffisant.

Me servant du mouvement circulaire de mon corps, pas encore achevé, pour me donner de la vitesse et de la puissane, je me relevais alors que ma jambe passait derrière moi. Tournant sur moi-même, j'armais un nouveau coup de poing que j'envoyais droit sur la nuque de cet enfoiré de vieillard. Rien à faire, je fus témoin de son esquive une nouvelle fois, se déplaçant comme s'il avait glissé sur le sol, mon poing se retrouva instantanément au-dessus de son épaule droite. L'espace d'un instant, mon mouvement puissant me fit perdre l'équilibre ainsi face au vide. Une demi-seconde dont le maître se servit habilement, tirant sur mon poignet de sa main gauche pour me faire m'approcher alors qu'il levait son coude droit.


Mon visage vint s'écraser contre le coude de Goki, je sentis même quelques-unes de mes dents sauter sous la violence du choc. Je fus attrapé au col et balancé en avant, ne pouvant absolument pas lutter devant une telle force. Mon corps sembla voler l'espace d'une seconde, avant que je ne vienne m'écraser au sol en glissant sur quelques mètres. Je me faisais littéralement écraser par cet homme, s'il avait voulut j'aurais déjà été transformé en petits cubes. Mais, il ne le faisait pas, pourquoi ? Ne me détestait-il pas après tout ça ? J'étais un monstre après tout, moi-même en étais venus au point où je comprenais ce genre de réaction. Alors pourquoi, pourquoi ne me tuait-il pas ?

- C'est bon, gamin, laisses tomber. dit-il, rengainant son sabre en se rapprochant de moi. Je peux voir tes attaques bien avant que tu ne les portes. De plus, je n'ai aucune envie de te tuer.

Levant les yeux, j'observais Goki avec des yeux ronds, surpris. Il ne me détestait donc pas ? Une nouvelle fois, je m'étais appuyé sur mes expériences personnelles, sans même imaginer qu'il était bel et bien différent des autres. C'était pourtant évident, s'il avait voulut me tuer il aurait put le faire pendant mon sommeil. Soudainement, je me sentais d'une débilité inouïe, j'avais été consummé par ma rage et je n'avais pas réfléchis. Cela ne me ressemblait pas, peut-être était-ce la frustration d'avoir été vaincu aussi facilement par le monstre de la veille ? Je n'en savais trop rien, mais je me relevais en évitant le regard du vieux Goki. Je devais m'excuser, quel crétin finit j'étais. J'étais incroyablement gêné et ça pouvait se voir sur mon visage, me grattant l'arrière de la tête en affichant un sourire idiot.

- Eh bien, eh bien, merde. commençais-je, un peu perdu. Je me sens con pour le coup.



- Je suis vraiment désolé Goki, j'avais vraiment crus que...continuais-je, ne sachant trop quoi dire, il me fallait être franc, tout simplement. J'ai crus que tu me détestais, à cause de ce corps qu'est le mien. Moi-même je me détestes par rapport à ça, ça me semblait logique que toi aussi...

- T'es vraiment idiot, gamin. répondit simplement le vieux. Et tu manques cruellement d'entraînement.

Je me remettais debout, époussetant mon manteau. Pour le coup, je me sentais vraiment très con, je m'étais lancé sur lui comme une bête, ne faisant que renforcer l'idée que l'on pouvait se faire d'un zombie. Mis à part que, moi, je ne mangeais pas les cervelles des gens. Enfin, pour l'instant. Goki s'approcha de moi, de ce même pas lent qu'il utilisait sans arrêt, comme pour dire "tu ne sera jamais assez rapide". Cependant, un sourire était apparut sur son visage, il ne semblait pas du tout m'en vouloir pour mon comportement agressif. Ce type était vraiment étrange tout de même, les expressions de son visage changeaient beaucoup trop souvent, un peu comme un acteur devenu expert dans la comédie. Imperméable à toutes conclusions possibles ou imaginables, ce vieillard était devenu pour moi le plus grand mystère de l'univers. Et, alors que le vieux s'arrêtait à deux pas devant moi, je souris à mon tour.

- Dans ce cas, entraînes-moi ! m'exclamais-je, affichant un visage béat.



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L'éveil de l'Ermite - Un an plus tôt [Solo]

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